Hugo Toro : « Le voyage du futur ? Relier la Terre à la Lune dans un train Orient-Express intergalactique. »

Juillet 2021

Rêver / Fantasmer

L’architecte et designer français signe la scénographie Orient Express présentée à la Samaritaine. Par Alexis Chenu.

Né à la frontière franco-allemande, d’une mère mexicaine et d’un père français, l’architecte et designer Hugo Toro (les restaurants La Scène et Perruche, Gigi Ramatuelle, le restaurant du club Blanche…) voyage depuis qu’il est né. Des longs séjours d’immersion au Mexique aux tranches de vie viennoises, australiennes ou californiennes, il connaît le monde comme sa poche et dessine sur ses carnets, ses souvenirs de vagabondages préférés. Rien de plus naturel pour lui, que de signer la scénographie du corner Orient Express au grand magasin la Samaritaine, avant de repartir sillonner le monde, pour d’autres projets.

High Life : Que détestez-vous le plus en voyage ?

 

Hugo Toro : Les planning définis à l’avance ! J’aime les surprises, la spontanéité… tout cela fait l’essence du voyage et fabrique les souvenirs.

 

HL : Un son du voyage que vous aimez retrouver ?

 

Hugo Toro : Ceux qui marquent l’arrivée dans une chambre d’hôtel. L’ouverture des rideaux et de la fenêtre, le zip de la valise, les draps que l’on défait…

 

HL : Bavard en voyage ?

 

Hugo Toro : Pas vraiment. Je suis plutôt dans ma bulle. J’emporte toujours un casque hi-fi que je me colle sur les oreilles, et un iPad pour travailler un plan, dessiner un paysage ou caricaturer un voisin, en toute discrétion.

 

HL : Le voyage qui a marqué votre vie ?

 

Hugo Toro : Istanbul, sans hésiter. La lumière de la ville qui se reflète sur l’eau, créée, à chaque fois une atmosphère particulière. Une ville au carrefour des influences, que je croque sur mes carnets de dessins.

 

HL : Plutôt train ou avion ?

 

Hugo Toro : Le train, sans hésitation. J’adore la sensation de gravité que l’on peut ressentir, et l’idée de pouvoir s’y promener tout en voyageant, de naviguer de son fauteuil jusqu’à la voiture-bar, de voir des têtes et de voir défiler les paysages. Je suis aussi obsédé par les gares et par le brassage des genres qu’elles génèrent. Je tiens cela de mon grand-père qui travaillait dans la vente de combustibles, des dépôts toujours installés près des gares. J’ai longtemps été fan de modélisme et compte, dans la maison de famille, un train électrique de compétition qui amuse toutes les générations.

HL : Si vous aviez à composer le wagon de l’impossible, quels personnages – morts ou vivants – inviteriez-vous à bord ?

 

Hugo Toro : La Petite Sirène, pour qu’elle nous raconte ce qui se passe sous mer. La chanteuse Florence Welch du groupe Florence and The Machine. Je ne la connais pas personnellement, mais je suis convaincu que sa magie et sa fibre nostalgique, positive et moderne pourrait nous divertir. Je demanderai également à Haroun Tazieff de redescendre du ciel et de nous raconter ses voyages à couper le souffle, et inviterai le peintre mexicain Diego Rivera, aussi époux de Frida Kahlo, pour pimenter les conversations.

 

HL : Que vous raconteriez-vous ?

 

Hugo Toro : Nous trouverions forcément des sujets. Avec un peu, voire beaucoup de Mezcal, nous devrions réussir à nous comprendre.

 

HL : Avez-vous déjà dormi dans un train ?

 

Hugo Toro : Oui, pour rejoindre Sa Pa, depuis Hanoï, au Vietnam. Malgré la présence de puces de lit, le voyage était sympathique. Les voyageurs cuisinaient à bord, partageaient leurs recettes…

 

HL : Le pays de la 4ème dimension où vous aimeriez voyager, ressemblerait à…

 

Hugo Toro : Un pays où l’on pourrait manger ce que l’on veut et où l’on pourrait choisir ses pouvoirs magiques. Je rêve d’être l’un des X-Men, de voler ou d’être doué d’une force magnétique qui me permettrait de diriger les courbes du métal.

 

HL: Le voyage dans le futur, vous l’imaginez comment ?

 

Hugo Toro :  Un voyage émotionnel dans l’Orient Express version Jules Verne. Un genre de train intergalactique, qui relierait la Terre à la Lune !

 

HL : Et vous écouteriez quelle musique à bord ?

 

Hugo Toro : When the rains begins to fall, un titre signé Jermaine Jackson et Pia Zadora, un clin d’oeil à mes voyages en compagnie de ma sœur.

Une illustration Hugo Toro de la scénographie OE à la Samaritaine

La scénographie Orient Express signée par Hugo Toro est à retrouver au rez-de-chaussée de la Samaritaine, 9 rue de la Monnaie, Paris 1er.

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