LE MYTHE DE LA SAMARITAINE EN 7 PHOTOS

Août 2021

Histoire / Patrimoine

Ouvert en 1870, la Samaritaine incarne depuis 150 ans, l’art de vivre à la française. Né du génie d’Ernest Cognacq et de son épouse Marie-Louise Jaÿ, le grand magasin parisien brille autant par son architecture que par ses rayons qui réunissent les meilleurs artisans et produis de leur époque. Réouvert le 19 juin 2021, le magasin accueille, à partir du 9 juillet, le pop-up Orient Express et sa collection d’objets de voyage « Steam Dream ». Un événement mis en scène par le designer Hugo Toro. En attendant l’inauguration, High-Life invite à remonter le temps, et raconte l’histoire de la Samaritaine en photos.

1.Les splendeurs de l’Art Nouveau

L’histoire de la Samaritaine est celle d’Ernest Cognacq, marchand de cravates réputé du quartier du Pont-Neuf, et de son épouse, Marie-Louise Jaÿ, première vendeuse au Bon Marché. De leur petit commerce situé rue de la Monnaie, le couple prospère jusqu’à, donner naissance, au début du XXème siècle aux Grands Magasins de la Samaritaine. Emblématique, le « Magasin Jourdain » ou « magasin n°2 », qui occupe la rue de la Monnaie, est l’œuvre de l’architecte Frantz Jourdain qui dévoile une façade métallique recouverte de mosaïques dorées, de motifs floraux, et de laves émaillées fleuries sur fonds orangés, caractéristiques de l’Art Nouveau.

 

Photo ci-dessus : Samaritaine, Magasin 2 de Frantz Jourdain achevé, vue côté rue de la Monnaie, Paris, vers 1910.

2. Une cathédrale du commerce

Décliné sur 4 étages à l’origine, le magasin principal de la Samaritaine est doté d’une immense verrière rectangulaire de 1000m2, qui lui vaudra le nom de « Verrière Jourdain ». Une structure d’acier et de verre colossale, qui subsistera à travers le temps, avant d’être restaurée selon sa trame d’origine à l’occasion de sa réouverture en 2021. Il aura fallu 5 années de travaux pour terminer ce monument, qui filtrera la lumière naturelle dans les différents corners du magasin.

Photo ci-dessus : Samaritaine, vue intérieure sous verrière, Paris, vers 1910.

3. Question de style

Aux premières années de son ouverture, la Samaritaine fait valoir les décors imaginés par Francis Jourdain, le fils de Frantz, l’architecte à l’origine du projet. Une façade à l’allure flamboyante, à l’instar de cette large baie en surplomb surmontée d’une marquise aérienne, aux ornementations dorées et à l’enseigne peinte par l’artiste Eugène Grasset, et dont on peut voir les initiales dorées à l’or fin, « E.C », sur les piliers de part et d’autre de l’entrée, en hommage au fondateur Ernest Cognacq. En façade, un store aux rayures rouges et blanches, donne une touche chic à la maison, et à chaque étage des plaques colorées en lave polie et émaillée représentent des décors de roses, fleurs de passiflore et rinceaux végétaux, typiques de l’Art Nouveau.

Photo ci-dessus : Samaritaine, entrée principale rue de la Monnaie, Autochrome de Léon Gimpel, 1910.

4. Le clou du spectacle

Fait pour voir et être vu, pour déambuler et contempler, le grand escalier Art Nouveau et ses garde-corps décorés de 600 feuilles de marronniers, constitue l’un des emblèmes du grand magasin depuis son ouverture. Une pièce d’architecture imaginée par l’architecte Frantz Jourdain, pour desservir les 4 étages (un 5ème étage sera créé au début des années 30), et qui fait resplendir depuis 150 ans, décors en laiton et céramiques en fleurs. Désormais entièrement restauré, l’escalier Art Nouveau de la Samaritaine compte, comme à ses origines, 270 marches, toutes fabriquées en bois de chêne. Un monument à lui seul.

Photo ci-dessus : Samaritaine, animation dans le grand hall, le concert des automates, vers 1910.

5. Henri Sauvage ou l’Art déco

L’architecture de la Samaritaine connaît un nouvel épisode avec l’arrivée aux commandes en 1925, de l’architecte et décorateur, Henri Sauvage – à qui l’on doit notamment la Villa Majorelle à Nancy -, appelé pour assurer l’extension du magasin principal. Enclin à moins d’exubérance, il réalise une façade en étages et gradins – un principe qu’il adaptait déjà aux immeubles de logement -, tournée directement sur la Seine, fait disparaître fresques et mosaïques, couvre l’ensemble de larges baies vitrées, d’une pierre claire et d’une peinture bronze qui habille les menuiseries, les balcons et les marquises. Un emblème de l’Art déco est né.

Photo ci-dessus : Samaritaine, vue du Pont Neuf, vers 1930.

6. « On trouve de tout à la Samaritaine »

Avec ses 48000m2 de surface, la Samaritaine était considérée dès 1910 comme le plus vaste des grands magasins parisiens, devançant de peu le Printemps et les Galeries Lafayette. Organisé en rayons, gérés par de vrais petits patrons, tous experts dans leur domaine, proposant pour tous les produits des prix uniques et affichés, disposant de cabines pour essayer les vêtements, offrant même des crédits à la consommation, la Samaritaine applique des principes qui vont bouleverser la distribution traditionnelle. Rendez-vous incontournable de la clientèle, « la saison du blanc » ou « mois du blanc » fait affluer les dames par milliers, à la recherche de linge de maison. Un événement commercial dont l’origine remonterait à la fin du XIXème, et que l’on doit à Aristide Boucicault, le propriétaire du Bon Marché.

Photo ci-dessus : Samaritaine, rayon du trousseau, vers 1910.

7. La Samaritaine, 2021

16 ans après sa fermeture, la Samaritaine rouvrait ses portes le 23 juin 2021. Un grand magasin entièrement restauré, occupant 20.000 m2 de surface, sublimé par le cabinet Sanaa, les designers Hubert de Malherbe et Yabu Pushelberg et le studio d’architecture Cigüe. Réunissant pas moins de 600 marques de luxe – en mode, gastronomie, et art de vivre – la Samaritaine nouvelle génération fait à nouveau resplendir ses joyaux : son grand escalier Art Nouveau desservant les 5 étages, sa verrière rectangulaire extraordinaire, ses mosaïques, ses émaux, ses garde-corps en fer forgé… Le 7 juillet, Orient Express rejoint l’histoire de la Samaritaine et ouvre un pop-up inédit, pour présenter sa première collection d’objets de voyage intitulée Steam Dream.

Photo ci-dessus : Samaritaine, juin 2021.

Les crédits des images 1 à 6 sont : ©Grands magasins de la Samaritaine Maison Ernest Cognacq
Le crédit 7. est : @Wearecontents DFS Samaritaine

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